DISCOURS DU CONSEILLER D'ÉTAT ET MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES WANG YI À LA CÉRÉMONIE D'OUVERTURE DE LA RÉUNION DES COORDINATEURS DE LA MISE EN ŒUVRE DES ACTIONS DE SUIVI DU SOMMET DE BEIJING DU FORUM SUR LA COOPÉRATION SINO-AFRICAINE
2019/06/27

(Beijing, 25 juin 2019)

Excellence Monsieur le Président Yoweri Museveni,

Excellence Monsieur le Ministre Amadou Bâ,

Frères et Sœurs africains,

C'est un grand plaisir pour moi de participer à la Cérémonie d'ouverture de la Réunion des coordinateurs de la mise en œuvre des actions de suivi du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) et de me retrouver réuni à Beijing avec mes chers et vieux amis africains.

Le Président Xi Jinping accorde une haute importance à cette réunion et a adressé un message de félicitations. Maintenant, j'ai l'honneur d'en donner lecture.

« À l'occasion de l'ouverture de la Réunion des coordinateurs de la mise en œuvre des actions de suivi du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine, j'adresse mes vives félicitations pour la tenue de la réunion et mes salutations cordiales et fraternelles aux dirigeants des pays africains membres du FCSA et de l'Union Africaine (UA).

« En septembre dernier, le Sommet de Beijing du FCSA s'est tenu avec un grand succès et a marqué un jalon dans l'histoire des relations sino-africaines. Les dirigeants chinois et africains ont décidé d'associer en profondeur la coopération sino-africaine sur « la Ceinture et la Route » à l'Agenda 2063 de l'UA et aux stratégies de développement des pays africains, de construire ensemble une communauté de destin Chine-Afrique marquée par le partage des responsabilités, la coopération gagnant-gagnant, le bonheur pour tous, la prospérité culturelle, la sécurité commune et l'harmonie entre l'homme et la nature, et de mettre en œuvre conjointement les huit initiatives majeures dans la coopération sino-africaine, indiquant ainsi de nouvelles orientations à suivre pour porter les relations sino-africaines à une nouvelle hauteur. Je suis heureux de voir que les efforts concertés et énergiques déployés par la Chine et l'Afrique dans la mise en œuvre des acquis du Sommet ont donné leurs premiers résultats réjouissants apportant des bénéfices tangibles aux peuples chinois et africains.

« Aujourd'hui, le monde traverse des changements majeurs jamais connus depuis un siècle et l'émergence de l'ensemble des pays en développement connaît une forte dynamique. La coopération sino-africaine pour un développement commun apportera une contribution importante au renforcement du poids des pays en développement, à la promotion d'un nouveau type de relations internationales et à la construction d'une communauté de destin pour l'humanité. J'espère que la Chine et l'Afrique pourront saisir les opportunités offertes par la Réunion des coordinateurs et, conformément au principe d'amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés, œuvrer inlassablement à renforcer le dialogue et la synergie et à approfondir la solidarité et les partenariats, pour faire avancer à pas solides la mise en œuvre des actions de suivi du Sommet de Beijing et la coopération sino-africaine dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », améliorer continuellement le bien-être des 2,6 milliards de Chinois et d'Africains et construire une communauté de destin Chine-Afrique encore plus solide.

« Je souhaite plein succès à la Réunion des coordinateurs.

Xi Jinping

Président de la République populaire de Chine

Beijing, le 25 juin 2019 »

Ce message de félicitations illustre pleinement l'amitié profonde du Président Xi Jinping envers les pays et peuples africains et démontre la volonté forte du gouvernement chinois de développer l'amitié et la coopération avec l'Afrique. Il a non seulement indiqué clairement les exigences pour cette réunion, mais également donné des orientations à suivre pour promouvoir ensemble un développement soutenu des relations sino-africaines.

Frères et Sœurs africains,

En septembre dernier, le Sommet de Beijing du FCSA a connu un grand succès grâce à nos efforts conjoints, inaugurant une nouvelle ère du partenariat de coopération stratégique global sino-africain. Sur ce nouveau point de départ historique, il nous faut promouvoir intégralement la mise en œuvre des acquis du Sommet et construire une communauté de destin Chine-Afrique encore plus solide. Voilà l'aspiration commune des 2,6 milliards de Chinois et d'Africains, et une noble mission qui incombe à nous tous.

Depuis la tenue du Sommet de Beijing, les échanges et la coopération entre la Chine et l'Afrique affichent une plus forte dynamique de développement, et la mise en œuvre des acquis du Sommet progresse sur tous les plans. Les échanges de haut niveau se sont renforcés. 17 dirigeants du Parti communiste et de l'État chinois se sont rendus en visite dans 25 pays africains et au siège de l'UA. Les deux parties ont vu leur confiance politique mutuelle se renforcer sans cesse, leurs échanges d'expériences sur la gouvernance d'État s'approfondir, et leurs concertation et coordination dans les affaires internationales s'intensifier toujours davantage. La coopération sino-africaine dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route » progresse à un rythme accéléré. 40 pays africains et la Commission de l'UA ont signé des documents de coopération avec la Chine. Le Dialogue sino-africain sur la mise en œuvre de l'initiative pour la paix et la sécurité s'est tenu avec succès. L'Institut Chine-Afrique a été inauguré officiellement. La concrétisation conjointe des huit initiatives majeures a marqué un bon départ. Des plans de mise en œuvre dédiés à chaque pays ont été élaborés conjointement en tenant compte des capacités respectives et du besoin réel de l'Afrique, et plus de 880 projets de coopération seront lancés pour les trois ans à venir. Les projets majeurs bénéficiant des aides financières ou des crédits préférentiels chinois avancent de manière solide. L'année dernière, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique a encore une fois dépassé les 200 milliards de dollars, et la Chine demeure pendant dix ans consécutifs le premier partenaire commercial de l'Afrique. Toutes ces réalisations encourageantes démontrent que la mise en œuvre des acquis du Sommet de Beijing a été efficace, conforme aux hauts standards et bénéfique aux peuples, et elles sont saluées par l'ensemble des pays africains.

Frères et Sœurs africains,

Le monde d'aujourd'hui traverse des changements majeurs jamais connus depuis un siècle, dont le plus emblématique est qu'un grand nombre de pays en développement, comme la Chine et les pays africains, sont engagés dans un processus historique de développement accéléré. Cette année marque le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Au cours des 70 ans écoulés, le Parti communiste chinois a mené une lutte opiniâtre, réussi à ouvrir la voie du socialisme à la chinoise et remporté des succès remarquables dans le développement du pays. Guidés par la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, nous restons toujours fidèles à notre engagement initial et continuerons à avancer vaillamment dans la marche vers le grand renouveau de la nation chinoise. Nous poursuivrons fermement la voie du développement pacifique et continuerons à promouvoir un approfondissement de la réforme, à élargir l'ouverture, à favoriser une coopération de haute qualité dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », à bâtir un nouveau type de relations internationales et à construire une communauté de destin pour l'humanité. Je tiens à affirmer à nos amis africains : quelle que soit l'évolution de la situation internationale, la Chine restera fidèle au principe de sincérité, de résultats réels, d'amitié et de bonne foi et à la vision de recherche du plus grand bien et des intérêts partagés avancés par le Président Xi Jinping, se tiendra fermement aux côtés des pays africains et des autres pays en développement et défendra résolument les intérêts communs des pays africains et de l'ensemble des pays en développement.

La Chine et l'Afrique sont liées par une communauté de destin à toute épreuve. Nous avons des passés similaires, des parcours de lutte communs et les mêmes tâches de développement. Dans la lutte pour la libération nationale et l'indépendance politique, nous avons combattu côte à côte. Dans la construction du pays et la recherche d'une voie de développement autonome, nous avons avancé main dans la main. Dans la promotion d'un monde multipolaire et la démocratisation des relations internationales, nous sommes animés des mêmes idéaux. Caractérisée par la compréhension entre frères et le soutien mutuel entre amis, la coopération sino-africaine est un modèle et pionnier de la coopération Sud-Sud. La Chine accorde toujours une grande importance à l'Afrique, la respecte et la soutient. Jamais elle n'a recherché des intérêts géopolitiques égoïstes en Afrique ni n'a imposé sa propre volonté à autrui. Elle a ainsi ouvert une voie de coopération avec l'Afrique totalement différente de celle des grandes puissances traditionnelles.

Ces derniers temps, certaines forces extérieures ont tenté de calomnier et d'entraver la coopération sino-africaine, en fabriquant de toutes pièces des thèses comme le « néocolonialisme » et le « piège de la dette ». Totalement infondées, ces accusations sont rejetées par les peuples africains. Elles ne font que révéler le non-respect de ces forces envers l'Afrique et leur méconnaissance de la Chine. Elles n'ont rien compris à la véritable amitié à toute épreuve entre la Chine et l'Afrique. Les faits sont plus éloquents que les paroles, et la justice finira par prévaloir. La coopération sino-africaine est-elle bonne ou pas ? Seuls les peuples chinois et africains sont les mieux placés pour en juger.

Frères et Sœurs africains,

Les belles perspectives ont été données pour la coopération sino-africaine dans la nouvelle ère. L'essentiel est d'agir concrètement. La Chine entend travailler ensemble avec l'Afrique pour accomplir les engagements par des actions solides et efficaces et assurer une mise en œuvre intégrale et effective des consensus et résultats obtenus au Sommet de Beijing. Pendant les trois derniers jours, j'ai eu des entretiens bilatéraux avec les vingtaine de ministres des affaires étrangères présents à la réunion. Des discussions approfondies que nous avons eues en la matière, ont été dégagés un grand nombre de consensus importants. En voici les quatre points essentiels :

Premièrement, suivre fermement l'orientation fondamentale qu'est la construction d'une communauté de destin. La Chine et l'Afrique doivent maintenir la dynamique des échanges de haut niveau, approfondir les échanges d'expériences en matière de gouvernance d'État, et rehausser sans cesse le partenariat de coopération stratégique global sino-africain. La Chine assurera un soutien ferme aux pays africains dans leurs efforts pour défendre la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale, rechercher une voie de développement adaptée aux conditions nationales et préserver la paix et la stabilité régionales. Elle soutiendra les efforts de l'UA pour bâtir une Afrique unie et forte. Et elle souhaite travailler ensemble avec les frères africains pour offrir un exemple pionnier dans la construction d'une communauté de destin pour l'humanité et donner une nouvelle impulsion à la paix et au développement dans le monde.

Deuxièmement, poursuivre la coopération sino-africaine sur « la Ceinture et la Route » au service du développement. En avril dernier, le deuxième Forum « la Ceinture et la Route » pour la Coopération internationale s'est tenu à Beijing avec un grand succès, fixant l'objectif de promouvoir une coopération de haute qualité. La Chine, conformément au principe d'amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés, travaillera à une bonne synergie entre « la Ceinture et la Route », les huit initiatives majeures et les stratégies nationales de développement des pays africains, afin que l'Afrique puisse profiter davantage des possibilités de coopération qu'engendre « la Ceinture et la Route ». Les deux parties ont à renforcer le développement des marchés et à partager des opportunités de développement afin que l'Afrique puisse transformer plus rapidement ses atouts en matière de ressources en leviers du développement et réaliser véritablement l'indépendance économique après son indépendance politique. Elles doivent attacher de l'importance à la coopération sur des projets, respecter les principes du marché, prendre en compte les effets économiques et sociaux des projets de coopération, assurer l'efficacité dans les études de faisabilité, la planification, l'exécution et l'opération des projets, pour renforcer effectivement les capacités de l'Afrique en matière de développement autonome et durable. Il convient de renforcer l'appui intellectuel, de renforcer l'inspiration mutuelle, et d'accompagner l'Afrique dans la formation de davantage de talents professionnels. Il faut également promouvoir la coopération dans de nouveaux secteurs, embrasser la révolution technologique, et faire bénéficier aux Africains des derniers progrès de la civilisation humaine.

Troisièmement, persévérer dans la position juste en faveur du multilatéralisme. Face au retour en force de l'unilatéralisme et du protectionnisme et à la résurgence de la mentalité de la guerre froide et des discours prônant le choc des civilisations, la Chine et l'Afrique doivent défendre fermement la Charte des Nations Unies et les normes fondamentales régissant les relations internationales, et s'opposer résolument à l'unilatéralisme, au protectionnisme, à la loi du plus fort et à l'intimidation, ce afin de préserver leurs propres droits et intérêts légitimes en matière de développement, et de préserver les droits et intérêts communs de l'ensemble des pays en développement et des économies émergentes ainsi que la justice et l'équité internationales. Nous ne pouvons pas permettre le retour à un monde régi par la loi de la jungle ni accepter les jeux à somme nulle où les plus forts malmènent les plus faibles. Notre planète, entrée dans le 21e siècle, doit aller courageusement de l'avant, au lieu de faire marche arrière. Tous les pays, vivant dans le même village planétaire, doivent rester solidaires au lieu d'agir à contre-courant de notre époque.

Quatrièmement, continuer à porter l'esprit de coopération marqué par l'égalité et l'ouverture. Le temps de la colonisation est à jamais révolu. L'Afrique appartient aux Africains. Elle est le foyer commun des 1,3 milliards d'Africains, et non la sphère d'influence de quelque puissance que ce soit. Tout partenaire qui va en Afrique doit faire preuve d'esprit d'égalité et d'ouverture, embrasser l'Afrique, et travailler en solidarité étroite avec elle. Nous sommes toujours d'avis que la coopération sino-africaine est une composante importante de la coopération internationale avec l'Afrique et qu'elle profite non seulement au développement partagé et gagnant-gagnant Chine-Afrique, mais également créera des conditions favorables à l'élargissement de la coopération internationale avec l'Afrique. La Chine entend continuer à faire valoir le rôle pionnier de la coopération sino-africaine et encourager la communauté internationale à accroître les investissements dans le continent. La Chine veut travailler avec les autres pays du monde, en mettant à profit les atouts respectifs et en favorisant des synergies pour soutenir les efforts de l'Afrique visant à accélérer le développement et le redressement et ouvrir des horizons plus radieux aux peuples africains.

Frères et Sœurs africains,

Chaque pays a droit au développement et au progrès. Les peuples chinois et africains œuvrent résolument, par leurs propres efforts et la coopération internationale, à la réalisation du rêve chinois et du rêve africain. Comme l'a souligné le Président Xi Jinping lors du Sommet de Beijing, la Chine, dans sa coopération avec l'Afrique, est depuis toujours attachée à la sincérité, à l'amitié et à l'égalité. Elle recherche les intérêts communs tout en privilégiant l'amitié, poursuit le pragmatisme, l'efficacité et le développement pour le peuple, et prône l'ouverture et l'inclusivité. La Chine ne s'ingère pas dans la recherche par les pays africains d'une voie de développement adaptée à leurs conditions nationales, ne s'immisce pas dans les affaires intérieures africaines, n'impose pas sa volonté à l'Afrique, n'assortit pas ses aides à l'Afrique de condition politique quelconque, et ne recherche pas d'intérêts politiques égoïstes dans sa coopération en matière d'investissement et de financement avec l'Afrique. Ces principes et cette pratique des « cinq non » sont forts et inébranlables. Ils seront poursuivis résolument par la Chine à travers des actions concrètes. Aucun obstacle ne saurait affaiblir la détermination de la Chine et de l'Afrique de renforcer leur coopération. Aucune difficulté ne saurait empêcher la Chine et l'Afrique dans leur marche commune vers le redressement.

Presque tous les ministres des affaires étrangères que j'ai reçus depuis hier ont félicité la Chine pour l'élection du Dr Qu Dongyu en tant que Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Ils étaient contents de son élection comme si c'était un membre de leur famille qui a été élu. Nous savons que si la candidature chinoise a gagné, c'est grâce aux soutiens des pays du monde, notamment de l'Afrique qui nous a apporté les soutiens les plus fermes. À cette occasion, je tiens à exprimer mes plus sincères remerciements à nos frères et sœurs africains. Désormais, au sein des institutions spécialisées de l'Organisation des Nations Unies, l'Afrique a un ami de plus. Le Dr Qu va certainement servir les objectifs mondiaux de la FAO après sa prise de fonctions. Et il vient de la Chine qui est le plus grand pays en développement et qui comprend l'Afrique. Je suis sûr que la FAO contribuera davantage à l'accélération de la réalisation des objectifs de développement durable à l'horizon 2030 en Afrique et du règlement des questions de sécurité alimentaire et de développement agricole de l'Afrique.

Pour terminer, je souhaite plein succès à la présente réunion des coordinateurs.

Je vous remercie. (source: site web du Ministère des Affaires étrangères chinois)

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