Conférence de presse du 15 janvier 2020 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2020/01/15

Q : Selon des reportages, les Ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne ont adressé une lettre au chef de la politique étrangère de l'UE, Joseph Borrell, et publié une déclaration conjointe annonçant le lancement du mécanisme de règlement des différends concernant le JCPOA. Ils ont souligné que leur objectif est d'inciter l'Iran à remplir à nouveau ses obligations. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La Chine regrette le lancement dudit mécanisme par le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. Nous estimons que cela n'aidera pas à résoudre le problème et ne contribuera pas à apaiser les tensions.

Selon la Chine, il y a de fortes raisons derrière la réduction par l'Iran du respect de ses obligations. Les États-Unis se sont retirés unilatéralement du JCPOA. Au mépris du droit et des obligations internationaux, ils ont exercé une pression maximale sur l'Iran et ont empêché d'autres parties à mettre en œuvre le JCPOA. C'est la cause profonde des tensions dans la situation nucléaire iranienne.

Le JCPOA est un résultat important de la diplomatie multilatérale approuvé par la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies. En tant que pilier du régime de non-prolifération et de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, il constitue une partie importante de l'ordre international fondé sur le droit international. Dans la situation actuelle, nous appelons toutes les parties à faire preuve de calme et de retenue, à résoudre les divergences concernant le respect du JCPOA par le dialogue et la consultation dans le cadre de la Commission mixte du JCPOA, à prendre des mesures concrètes pour rétablir l'équilibre entre les droits et les obligations, et à faire tout leur possible pour préserver et mettre en œuvre le JCPOA.

La Chine continuera de maintenir une communication étroite avec toutes les parties pour promouvoir la paix et les pourparlers, et œuvrer pour un règlement politique et diplomatique de la question nucléaire iranienne. Nous ferons tout notre possible pour contribuer à apaiser les tensions sur la question nucléaire iranienne et au Moyen-Orient.

Q : Lundi, le Vice-Ministre russe des Affaires étrangères Morgulov a eu des consultations avec son homologue chinois Luo Zhaohui à Moscou pour parler de la question de la péninsule coréenne et de la coopération russo-chinoise dans la région Asie-Pacifique. Pouvez-vous nous donner des détails sur leur rencontre ?

R : Le 13 janvier, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Luo Zhaohui a tenu des consultations avec son homologue russe Morgulov à Moscou et a mené des échanges approfondis sur la question de la péninsule coréenne et de la région Asie-Pacifique.

Les deux parties partagent le constat que le maintien de la dynamique de dialogue et de détente dans la péninsule est dans l'intérêt commun de toutes les parties et représente une attente commune de la communauté internationale. Elles ont appelé la RPDC et les États-Unis à rester dans la bonne voie du dialogue et de la consultation, à déployer des efforts dans le même sens pour trouver des moyens efficaces permettant de sortir de l'impasse et de répondre aux préoccupations réciproques. Les deux parties ont également réaffirmé leur soutien à la RPDC et à la République de Corée pour l'amélioration de leurs relations, la réconciliation et la coopération. Elles sont convenues de continuer à jouer un rôle positif pour promouvoir le processus de règlement politique dans la péninsule.

Au cours de la consultation, les deux parties ont également échangé des vues sur la situation en Asie-Pacifique et d'autres questions internationales et régionales d'intérêt commun. Elles sont convenues que, face à la situation régionale complexe et changeante, la Chine et la Russie devraient renforcer davantage la coopération et la coordination sur les questions d'importance majeure de la région Asie-Pacifique, afin de jouer un rôle constructif dans le maintien de la stabilité stratégique et de la prospérité de la région.

Q : Human Rights Watch et Freedom House ont affirmé, dans deux de leurs rapports, que le gouvernement chinois porte atteinte aux droits de l'homme, exerce une surveillance et manipule les informations par des moyens politiques et économiques. Ces deux organisations accusent la Chine d'élargir son influence dans le monde à travers les médias chinois et de menacer la société démocratique. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Je n'ai pas lu les deux rapports que vous avez évoqués et je n'ai aucun intérêt à les lire.

Vous le savez probablement, ces deux organisations observent depuis longtemps la Chine sous une optique tendancieuse. Leurs commentaires et leurs rapports concernant la Chine, remplis invariablement de déformations des faits, font passer le noir pour le blanc et ne sont nullement objectifs.

J'ai simplement deux points à souligner. Premièrement, le peuple chinois est le mieux placé pour juger de la situation des droits de l'homme en Chine, qui est à son meilleur niveau historique.

Deuxièmement, les médias chinois, fidèles au principe d'objectivité, d'impartialité, de vérité et de précision dans leur couverture, jouent un rôle actif dans l'amélioration de la compréhension mutuelle entre la Chine et les autres pays du monde. La Chine garantit la liberté d'expression des citoyens chinois en vertu de la Constitution.

Q : Un navire de la Garde côtière chinoise a jeté l'ancre dans le port de Manille le 14 janvier dans la matinée. Il s'agit de la première visite d'un bateau de la Garde côtière chinoise aux Philippines. Comment évaluez-vous l'importance de cette visite ?

R : Le navire 5204 de la Garde côtière chinoise est arrivé aux Philippines hier matin et la partie philippine a tenu une grande cérémonie de bienvenue en son honneur. Les personnels de la Garde côtière chinoise et de la Garde côtière philippine ont effectué des visites croisées et ont eu des échanges amicaux. La Garde côtière chinoise a fait don de ses réserves d'aliments à bord aux habitants locaux touchés par la récente éruption volcanique de Taal, exprimant ainsi la bonne volonté et la sollicitude de la population chinoise envers la population philippine. Les personnels de la Garde côtière chinoise et de la Garde côtière philippine mèneront des exercices conjoints de recherche, de sauvetage et d'extinction d'incendies, ainsi que d'autres activités comme la journée portes ouvertes de navires, les jeux sportifs d'amitié et des réceptions sur le pont.

Pour autant que je sache, la visite du navire de la Garde côtière chinoise fait partie des échanges amicaux prévus pour la troisième réunion du Comité conjoint entre la Garde côtière chinoise et la Garde côtière philippine. Lors de cette réunion, les deux parties échangeront des vues de manière approfondie sur l'application de la loi et d'autres questions d'intérêt commun, et discuteront de la coopération dans des domaines clés tels que la lutte contre la criminalité transnationale maritime, le trafic de drogue en mer, la recherche et le sauvetage en mer et les secours humanitaires.

Nous estimons qu'une coopération plus étroite entre la Garde côtière chinoise et la Garde côtière philippine permettra de renforcer la confiance mutuelle et l'amitié entre les deux parties, introduira une nouvelle forme de coopération maritime pragmatique et donnera un nouvel élan à un développement sain et régulier des relations sino-philippines. Cette visite d'un navire de la Garde côtière chinoise marque un nouveau pas encourageant dans la coopération entre les gardes côtières chinoise et philippine. Nous souhaitons la bienvenue pour une visite en Chine de navires de la Garde côtière philippine en temps opportun.

Q : Aujourd'hui, le Ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a annoncé à New Delhi que la Russie saluait la demande iranienne d'adhésion à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Quelle est la position de la partie chinoise à ce sujet ?

R : Je ne suis pas encore informé de la dernière prise de position du Ministre des Affaires étrangères Lavrov et j'aurai besoin de faire des vérifications. Autant que je sache, l'Iran, déjà observateur de l'OCS, participe depuis longtemps aux activités concernées de cette dernière. En ce qui concerne l'adhésion de nouveaux membres à l'OCS, la Chine entend rester en communication étroite avec les autres membres pour prendre des décisions communes.

Q : Le Président de la République de Corée Moon Jae-in a déclaré lors de sa conférence de presse du 14 janvier que l'amélioration des relations entre son pays et la RPDC contribuerait à faire avancer le dialogue entre la RPDC et les États-Unis et aiderait également à gagner un soutien de la communauté internationale pour l'assouplissement ou l'exemption partielle de sanctions contre la RPDC. La Chine a joué un rôle important dans le dossier nucléaire de la péninsule coréenne. Le République de Corée travaillera de concert avec la Chine pour résoudre les problèmes concernés. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La Chine œuvre toujours à la paix, à la stabilité et à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Nous défendons le règlement des problèmes par le dialogue et la consultation afin de parvenir à une paix durable. La Chine a déployé des efforts inlassables pour faciliter un règlement politique du problème de la péninsule.

Dans les circonstances actuelles, nous sommes prêts à intensifier la communication et la coordination avec toutes les parties concernées pour maintenir l'élan du dialogue et de la détente et faire avancer le processus politique. Nous soutenons également le maintien des contacts et du dialogue entre la RPDC et la République de Corée pour améliorer leurs relations. Cela est dans l'intérêt commun des deux parties et de toute la région.

Q : Le Ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé lundi que le Ministre vénézuélien des Affaires étrangères effectuerait une visite en Chine. Pouvez-vous nous présenter son programme concret ? Quels seront les sujets à discuter avec la partie chinoise ?

R : J'ai répondu à une question similaire hier. Voulez-vous que je répète ma réponse ? (Le journaliste a acquiescé d'un signe de tête).

À l'invitation du Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, le Ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza effectuera une visite officielle en Chine du 15 au 19 janvier. Il s'agit d'un événement majeur dans les échanges sino-vénézuéliens en 2020. Selon l'ordre du jour prévu pour le moment, le Vice-Président Wang Qishan aura une rencontre de courtoisie avec le Ministre Jorge Arreaza, et le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi s'entretiendra avec lui. Les deux parties procéderont à un échange de vues approfondi sur les moyens de résoudre les problèmes relatifs au Venezuela ainsi que sur la promotion du partenariat stratégique global sino-vénézuélien et d'autres questions d'intérêt commun.

Nous avons la certitude que cette visite contribuera à trouver rapidement une solution politique aux problèmes relatifs au Venezuela, à approfondir la confiance politique mutuelle et la coopération pragmatique entre les deux pays, et à maintenir la stabilité et le développement en Amérique latine et dans la région des Caraïbes.

Nous publierons des informations en temps utile.

Q : Le Président américain Trump n'a cessé de faire pression sur le Royaume-Uni pour interdire l'utilisation de la technologie 5G de Huawei. Mais le Premier Ministre Johnson a déclaré hier qu'il ne connaissait pas de meilleure option. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai noté des reportages à ce sujet. Vous avez peut-être pris note de la réaction de Huawei.

Pendant ses nombreuses années de présence au Royaume-Uni, Huawei a investi plusieurs milliards de livres, soutenu des dizaines de milliers d'emplois locaux et créé des centres de recherche conjoints, tout en s'acquittant sérieusement de ses responsabilités sociales. Nous espérons que le Royaume-Uni adoptera une attitude objective et équitable, prendra des décisions correspondant à ses propres intérêts et de manière indépendante, et fournira un environnement commercial juste, ouvert, et non discriminatoire aux entreprises chinoises. C'est très important pour les investisseurs chinois de maintenir leur confiance et leurs prévisions pour le marché britannique.

Je dois souligner à nouveau que, depuis un certain temps, les États-Unis ont généralisé le concept de sécurité nationale, abusé du pouvoir national pour opprimer sans aucune preuve certaines entreprises chinoises. Ils ont également critiqué avec force gestes autoritaires la coopération mutuellement avantageuse dans la construction de réseaux 5G dans d'autres pays. Ils ont forcé ou menacé d'autres pays d'adopter la même position que les États-Unis. Ce type de brimade économique est un déni flagrant des principes de l'économie de marché dont les États-Unis se glorifient toujours, porte gravement atteinte à la crédibilité et à l'image des États-Unis et nuira également aux intérêts des entreprises américaines.

Nous exhortons les États-Unis à cesser d'abuser du concept de sécurité nationale, à cesser de noircir et de critiquer la Chine, et à cesser d'opprimer sans raison valable des entreprises chinoises. J'ai la certitude que tout pays qui adopte une position objective et équitable peut voir clairement la véritable intention américaine de calomnier la Chine et d'opprimer des entreprises chinoises.

Q : Certains médias affirment que le Conseiller d'État Wang Yi partira pour une visite au Kenya. Pouvez-vous fournir des détails à ce sujet ?

R : Une visite où ?

Journaliste : À Mombasa, au Kenya.

R : Avez-vous dit qu'il s'y rendrait ? En fait, il a déjà quitté le Kenya.

Journaliste : Des informations indiquent qu'il est de retour maintenant.

R : Oui, nous avons publié un communiqué de presse à ce sujet. Le 10 janvier, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a fait une escale au Kenya lors de sa visite en Afrique, au cours de laquelle il a rencontré la Ministre kényane des Affaires étrangères Monica Juma et a fait un voyage dans un train de voyageurs sur la ligne de chemin de fer Mombasa-Nairobi pour voir comment le projet fonctionne. Nous avons publié un communiqué de presse riche en détails que vous pouvez consulter.

Q : Une question liée à Huawei. Selon des informations, l'administration américaine envisage de limiter les technologies que la Chine peut obtenir des États-Unis, en particulier dans le secteur des semi-conducteurs. Quelles mesures le gouvernement chinois prendra-t-il pour garantir l'accès des entreprises chinoises aux technologies étrangères ? Comment s'assurer que l'offre technologique des entreprises ne sera pas affectée ? Deuxième question, des médias néerlandais ont rapporté que l'ambassadeur de Chine aux Pays-Bas avait commenté la possibilité que la société néerlandaise de semi-conducteurs ASML cesse d'exporter des produits vers la Chine. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : En réponse aux propos et actes américains de ces derniers temps, la Chine a clairement exprimé sa position à plusieurs reprises. Nous demandons aux États-Unis de cesser de généraliser le concept de sécurité nationale, de cesser d'abuser du pouvoir national et de cesser d'opprimer sans motif valable des entreprises chinoises. À notre époque du développement de la mondialisation économique, la chaîne industrielle mondiale, la chaîne d'approvisionnement et la chaîne de valeur sont fortement intégrées. Certaines pratiques américaines nuisent non seulement aux intérêts des entreprises chinoises, mais aussi gravement aux intérêts des entreprises américaines et d'autres pays, ce qui a fait l'objet d'une opposition du secteur industriel aux États-Unis. Nous appelons les États-Unis à écouter la voix rationnelle du secteur industriel, à cesser de noircir la Chine et d'opprimer des entreprises chinoises, à créer vraiment des conditions favorables à la promotion du développement et de l'utilisation de la 5G et des technologies de pointe dans d'autres secteurs.

Concernant ce que vous avez dit au sujet des Pays-Bas, je dois vérifier cela.

Q : La dirigeante des autorités taiwanaises Tsai Ing-wen a déclaré dans une interview accordée à la BBC que Taiwan est déjà « indépendant » et que Taiwan et la Chine sont deux pays. Quel est votre commentaire au sujet de ses propos ?

R : Je vous conseille de vous adresser au Bureau des Affaires de Taiwan relevant du Conseil des Affaires d'État pour les questions sur les relations entre les deux rives du détroit. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a qu'une seule Chine dans le monde, que la République populaire de Chine est le seul gouvernement légal représentant la Chine, et que Taiwan est une partie inséparable du territoire chinois. Le principe d'une seule Chine est le consensus universel de la communauté internationale.

Q : La traduction de l'accord commercial sino-américain est-elle terminée et prête à être publiée le jour de la signature ?

R : Je crois que votre collègue a posé la même question avant-hier. (Le journaliste rit).

Je vous conseille d'y prêter attention. Ce qui doit arriver arrivera. C'est juste une question de temps.

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