Conférence de presse du 30 juillet 2019 tenue par la Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2019/07/30

Q : Selon des reportages, le colloque international intitulé « Le droit international dans un monde en mutation : le rôle des pays en développement » s'est tenu le 29 juillet à Beijing. Pourriez-vous nous en présenter les détails ? Quels signaux envoie-t-il au monde ?

R : Le colloque international intitulé « Le droit international dans un monde en mutation : le rôle des pays en développement » a été co-organisé par le Ministère international des Affaires étrangères et la Société chinoise de droit international. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a adressé une lettre de félicitations au colloque. Le Vice-Ministre des Affaires étrangères, Luo Zhaohui, a prononcé un discours lors de la cérémonie d'ouverture. Le Président de la Cour internationale de Justice, Abdulqawi Ahmed Yusuf, a participé au colloque et prononcé un discours inaugural. Plus de 300 personnes ont participé au colloque, y compris des fonctionnaires juridiques et les représentants des ambassades en Chine de plus de 80 pays, les représentants des Nations unies, du Tribunal international du droit de la mer, du Comité international de la Croix-Rouge, de l'Organisation consultative juridique afro-asiatique et d'autres organisations internationales, ainsi que des experts chinois et étrangers.

Les discussions du colloque ont porté essentiellement sur le droit international dans un monde en mutation et le rôle des pays en développement dans la défense du droit international. Le monde d'aujourd'hui traverse des changements majeurs inédits depuis un siècle. L'unilatéralisme, le protectionnisme et les pratiques d'intimidation de certains pays ont gravement affecté le droit international et l'ordre international. Dans ce contexte, nous pensons que ce colloque revêt une signification pratique. Après des discussions ouvertes et chaleureuses, toutes les parties sont parvenues au consensus suivant :

Premièrement, la bonne approche du développement des relations entre États consiste à établir et à observer des règles. Les pratiques d'intimidation et la politique du plus fort ne nous mèneront nulle part. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le système international fondé sur le droit international et centré sur les Nations unies a constitué une garantie institutionnelle pour la paix, la stabilité et le développement du monde. Il a également créé un environnement favorable à l'indépendance souveraine et à la montée en puissance collective des pays en développement. Aujourd'hui, l'unilatéralisme, le protectionnisme et les pratiques d'intimidation gagnent du terrain dans le monde, le multilatéralisme et la mondialisation font face à des obstacles, et l'autorité du droit international et l'ordre international sont sapés. La communauté internationale se penche sur une question majeure : où va le monde ? Nous pensons tous que nous devons fédérer les esprits et travailler ensemble plus que jamais. Nous devons renforcer le droit international, le respecter et l'appliquer dans les affaires internationales. Nous devons rejeter la mentalité anachronique dite « Les forts agissent comme bon leur semble, tandis que les faibles se résignent à l'adversité ». Ce sont des expériences importantes que le monde a tirées de l'histoire. Elles répondent aux aspirations des peuples de tous les pays et sont des conditions nécessaires au progrès humain.

Deuxièmement, les pays en développement, en tant que forces importantes sur la scène internationale, ont apporté une contribution historique au développement du droit international. Ils ont maintenant plus de force et plus de responsabilités pour faire respecter la justice et les règles. Lors de ce colloque, toutes les parties ont convenu de s'en tenir au multilatéralisme dans l'établissement des règles internationales et d'accroître la représentation et le droit à la parole des pays en développement. Elles conviennent d'encourager tous les pays à respecter scrupuleusement le droit international, à respecter les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, à préserver le système commercial multilatéral fondé sur des règles et centré sur l'OMC, à s'acquitter de leurs obligations internationales de bonne foi et à rejeter la pratique du « deux poids deux mesures » et l'application sélective des règles. Toutes les parties estiment que nous devons tous agir conformément aux valeurs essentielles du droit international, à savoir la défense de l'équité et de la justice ainsi que la promotion de la paix, du développement et de la coopération, et nous opposer aux distorsions et abus du droit international ainsi qu'à la pratique de l'hégémonie et de la politique du plus fort sous prétexte du droit international.

La Chine est toujours un ardent défenseur et un bâtisseur du droit international. L'idée importante de la construction d'une communauté de destin pour l'humanité, proposée par le Président Xi Jinping, a été inscrite dans la Constitution chinoise. C'est l'engagement solennel de la Chine envers le développement pacifique et le droit international. La Chine continuera de travailler avec d'autres pays en développement pour défendre l'ordre international centré sur l'ONU et fondé sur le droit international. Nous ferons en sorte que le monde s'engage sur la bonne voie caractérisée par le respect mutuel, l'équité, la justice et la coopération gagnant-gagnant.

Q : Le Ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kono, a déclaré le 29 juillet que les pays qui ne sont pas parties signataires du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) élargissaient leurs arsenaux. Si ce traité n'est plus valable, il devra établir un nouveau cadre incluant les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France. Le même jour, le Secrétaire d'État américain Pompeo a déclaré qu'il espérait que la Chine pourrait prendre part au dialogue stratégique entre les États-Unis et la Russie, et que la Chine devrait faire partie de l'accord concerné. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : La Chine a énoncé sa position sur le traité FNI à maintes reprises.

La Chine est préoccupée par et s'oppose à l'éventuel abandon du traité FNI suite au retrait unilatéral des États-Unis. Nous espérons que les États-Unis et la Russie pourront résoudre leurs différends par le dialogue et s'efforceront de préserver ce traité. Cela favorisera la stabilité stratégique mondiale, la paix et la sécurité régionales ainsi que la confiance mutuelle entre les grands pays.

En ce qui concerne la multilatéralisation du traité FNI, en tant que traité bilatéral entre les États-Unis et la Russie, sa multilatéralisation impliquera une série de questions complexes dans les domaines politique, militaire et juridique, entre autres. De nombreux pays expriment leurs préoccupations à ce sujet. La Chine ne l'acceptera pas non plus. Le soi-disant « nouveau cadre » proposé par M. Kono n'est pas du tout nouveau en réalité. Cela ne va pas aider à préserver le traité FNI. Au lieu de cela, cela permet de trouver de nouveaux prétextes pour le retrait unilatéral américain du traité.

Je voudrais souligner que la Chine poursuit une politique militaire de nature défensive. Nous développons des missiles à portée intermédiaire à des fins entièrement défensives. Nous n'avons pas l'intention de brandir des menaces contre un quelconque pays ni ne pouvons constituer une menace. La véritable intention des États-Unis en se retirant du traité est de se soustraire à leurs responsabilités impérieuses. Mais ils tentent d'utiliser la Chine comme un prétexte. Ceci est sans rime ni raison. La Chine ne l'acceptera pas. Si le Japon veillait vraiment sur la sécurité régionale, il devrait persuader les États-Unis de ne pas se retirer unilatéralement du traité.

Quant aux propos de M. Pompeo, selon lesquels la Chine pourrait faire partie du dialogue et de l'accord entre les États-Unis et la Russie, nous pensons que ceci est une façon de « faire retomber les responsabilités sur d'autres ». La Chine préconise l'interdiction totale et l'élimination complète des armes nucléaires. Cependant, le désarmement nucléaire doit suivre un principe fondamental, reconnu internationalement, selon lequel la sécurité d'aucun pays ne doit être minée. Les États-Unis, la plus grande puissance nucléaire du monde, ont des responsabilités particulières et primordiales dans le désarmement nucléaire. Les États-Unis doivent agir avec sérieux conformément au traité en vigueur, continuer à réduire considérablement leur arsenal nucléaire et créer des conditions favorables à la participation d'autres pays aux négociations sur le désarmement nucléaire, au lieu de faire retomber leurs responsabilités sur autrui.

Q : Première question, en réponse à une question liée à Hong Kong dans l'Economic Club of Washington D.C., le Secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a déclaré que les manifestations étaient appropriées et que l'on voyait souvent des manifestations aux États-Unis. Il espère que le gouvernement chinois agira à bon escient et respectera les accords en vigueur concernant Hong Kong. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ? De quels accords parle-t-il ? Deuxième question, le Conseil des affaires continentales de Taïwan a déclaré que la partie continentale de la Chine renforçait « un pays » et affaiblissait « deux systèmes » à Hong Kong. Quel est votre commentaire à ce propos ? Troisièmement, un nouveau cycle de consultations économiques et commerciales de haut niveau entre la Chine et les États-Unis a commencé à Shanghai aujourd'hui. Les consultations ont-elles déjà démarré ? Le Ministre Zhong Shan a-t-il participé aux consultations ?

R : Sur votre première question, tout d'abord, vous avez mentionné que M. Pompeo a déclaré que l'on voyait souvent des manifestations aux États-Unis. Je me demande s'il serait heureux de voir ces radicaux violents utiliser des barres de fer et des armes mortelles pour attaquer la police aux États-Unis. Ce serait peut-être une occasion pour les États-Unis de présenter sa démocratie ? Que pensez-vous de cela ?

Je pense que M. Pompeo n'a évidemment pas réussi à se mettre dans la bonne position. J'ai bien peur qu'il se considère toujours comme le chef de la CIA. Il a déclaré que les récents incidents violents à Hong Kong étaient appropriés, car, comme vous le savez tous, ils sont en quelque sorte l'œuvre des États-Unis.

Pensons à ce qui s'est passé. Selon des reportages, à la fin du mois de février et au début du mois de mars, le Consul général des États-Unis à Hong Kong de l'époque avait critiqué de manière flagrante la modification des ordonnances proposée par le gouvernement de la RAS de Hong Kong et le principe « un pays, deux systèmes » et s'était ingéré dans les affaires de Hong Kong. En mars, le Vice-Président américain Mike Pence a rencontré des lobbyistes de l'opposition de Hong Kong. En mai, Pompeo a rencontré l'opposition de Hong Kong et a fait des remarques irresponsables sur la question de la modification des ordonnances. En juin, la Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a même qualifié les manifestations à Hong Kong de « belle vue ». Certains membres du Congrès américain ont à nouveau présenté le soi-disant projet de loi sur les droits de l'homme et la démocratie de Hong Kong. En juillet, Pence, Pompeo et Bolton ont respectivement rencontré des personnalités de l'opposition. Dans les scènes révélées par les médias, nous avons vu des visages américains parmi les manifestants violents à Hong Kong. Nous avons même vu le drapeau national des États-Unis à certaines occasions. Nous avons tous cette question : quel rôle les États-Unis ont-ils joué dans ce qui s'est produit récemment à Hong Kong ? Les États-Unis doivent au monde une explication.

Les États-Unis doivent bien comprendre que nous parlons de Hong Kong. Hong Kong appartient à la Chine. Comme nous l'avons souligné à maintes reprises, le gouvernement chinois ne permettra jamais à aucune force étrangère d'intervenir dans les affaires de Hong Kong. Nous ne permettrons pas non plus à une quelconque force étrangère de plonger Hong Kong dans le chaos. Le gouvernement central soutient fermement le gouvernement de la RAS dans la gouvernance de Hong Kong conformément à la loi et la police de Hong Kong dans ses efforts visant à sévir contre les criminels violents afin de maintenir la sécurité et la stabilité à Hong Kong. Ceux qui jouent au feu ne feront que se brûler. Il y a eu tellement de leçons dans l'histoire. Nous conseillons aux États-Unis d'arrêter immédiatement de jouer à ce jeu dangereux qui consiste à tirer les marrons du feu.

Sur votre deuxième question, le Porte-parole du Bureau des Affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des Affaires d'État, Yang Guang, a fait hier une déclaration claire et complète sur le principe « un pays, deux systèmes ». Je voudrais dire ceci aux personnes concernées à Taïwan que vous avez mentionnées : C'est seulement grâce à la réunification pacifique et au principe « un pays, deux systèmes » que l'avenir de Taïwan sera plus brillant. C'est ce en quoi nous croyons tous.

En ce qui concerne votre troisième question, veuillez vous informer auprès des départements compétents chinois.

Q : Rodong Sinmun, un journal de la RPDC, a applaudi dans un récent reportage les mesures prises par le gouvernement chinois à Hong Kong. Il a indiqué qu'aucun pays, organisation ou individu n'avait le droit de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong. « Quels qu'ils soient, ils doivent respecter la souveraineté de la Chine et cesser de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong. Les affaires de Hong Kong relèvent purement des affaires intérieures de la Chine, qui doivent être traitées conformément à la volonté du peuple chinois, sans ingérence étrangère. » Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Nous avons lu le reportage de Rodong Sinmun et félicitons la RPDC d'avoir fait entendre la voix de la justice sur cette question.

Comme nous l'avons dit à maintes reprises, Hong Kong appartient à la Chine. Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute ingérence étrangère dans les affaires de Hong Kong. Nous avons la détermination et la capacité de maintenir la sécurité et la stabilité de Hong Kong. Nous pensons que la justice prévaudra sur le mal.

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