Conférence de presse du 16 juillet 2019 tenue par le Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/07/16

Q : Une question sur la « guerre commerciale » sino-américaine. Les États-Unis ont annoncé hier que les responsables des négociations économiques et commerciales américain et chinois auraient une nouvelle conversation téléphonique cette semaine. Pourriez-vous confirmer cela ? Quels sont les facteurs qui empêchent les négociations en face à face entre les deux parties ?

R : Les équipes économiques et commerciales chinoise et américaine restent toujours en communication sur ce sujet. En ce qui concerne les arrangements spécifiques, y compris la date d'une nouvelle conversation téléphonique et celle de la prochaine réunion, je vous conseille de vous informer auprès des départements compétents pour plus de détails.

Q : Vous avez dit hier que vous n'aviez pas de détails sur les sanctions que la Chine imposera aux entreprises américaines qui vendent des armes à Taïwan. Avez-vous plus de détails aujourd'hui ? Quelles entreprises pourront être ciblées ?

R : (Le Porte-parole s'est tourné vers le journaliste qui a posé la question.) Avez-vous besoin que je répète ce que j'ai dit en réponse à la même question hier ?

(Le journaliste a ri et a secoué la tête.) Alors, passons à autre chose.

Q : Le Président américain Trump a tweeté le 15 juillet que la croissance de la Chine au deuxième trimestre était la plus faible depuis ces 27 dernières années. « Des milliers d'entreprises quittent le pays et c'est pourquoi la Chine souhaite conclure un accord avec les États-Unis ». Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Comme vous l'avez peut-être remarqué, le Bureau national des statistiques a publié hier les données de performance économique de la Chine pour les six premiers mois de cette année. Le Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'État a également tenu une conférence de presse à ce sujet. Comme vous pouvez trouver plus de détails dans les données publiées, je vais juste dire quelques mots ici.

Malgré le ralentissement de la croissance économique mondiale et la multiplication des incertitudes et de l'instabilité, le PIB de la Chine a encore augmenté de 6,3 % au premier semestre de cette année. Je pense que cette performance est plutôt bonne, surtout si vous la comparez à celle d'autres grandes économies : vous la trouverez meilleure que la plupart d'entre elles.

La Chine aurait pu avoir recours à des politiques de relance massive pour accélérer la croissance économique. Mais au lieu de faire cela, nous œuvrons à une croissance économique de haute qualité, en promouvant une restructuration économique et une transformation et une montée en gamme industrielles. Nous dynamisons tous les acteurs du marché par le biais de réformes et d'innovations, afin de maintenir une dynamique favorable à la croissance stable de l'économie.

Le taux de croissance de 6,3 % répond aux attentes du monde quant à l'économie chinoise. Après la publication des données hier, la réaction des principaux marchés mondiaux a été assez modérée. Je dois souligner que, en tant que deuxième économie du monde, la contribution de la Chine à la croissance économique mondiale a été supérieure à 30 % pendant de nombreuses années. La croissance stable de l'économie chinoise est bonne pour l'économie mondiale, mais également pour l'économie américaine.

Les États-Unis ont déclaré que la Chine souhaitait conclure un accord avec eux en raison du ralentissement économique. Une telle allégation est totalement trompeuse. La Chine n'est pas la seule à vouloir conclure un accord commercial. Les États-Unis le veulent aussi. Les personnalités des divers milieux sociaux américains, en particulier les consommateurs, s'opposent fermement à la guerre commerciale et à l'imposition de droits de douane supplémentaires sur les produits chinois. Leur voix parle d'elle-même.

J'appelle les États-Unis à travailler avec la Chine et à aller dans le même sens qu'elle pour résoudre leurs différends commerciaux par le dialogue et la consultation sur la base du respect mutuel et de l'égalité. Ce faisant, nous travaillerons pour un accord commercial mutuellement bénéfique. Cela sert les intérêts des peuples chinois et américain et répond aux aspirations de la communauté internationale.

Q : Des représentants des États-Unis et de la Russie doivent se réunir mercredi à Genève pour aborder la question d'un nouvel accord limitant les armes nucléaires. Le Secrétaire d'État adjoint américain, John Sullivan, dirigera la délégation américaine. La délégation russe sera dirigée par le Vice-Ministre des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov. Alors, il y a deux questions. Comment la Chine voit-elle les perspectives de telles discussions entre la Russie et les États-Unis ? Deuxième question, dans ses déclarations, le Ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à maintes reprises que la Chine ne pourrait pas participer aux négociations sur l'accord de maîtrise des armements de la « prochaine génération ». Existe-t-il des conditions selon lesquelles, en théorie, la Chine pourrait devenir partie à une telle négociation?

R : Les États-Unis et la Russie possèdent les plus grands arsenaux nucléaires au monde. Ils sont tenus de respecter le consensus international et les documents des Nations unies, notamment les résolutions de l'Assemblée générale, de s'acquitter de leurs responsabilités particulières et primordiales en matière de désarmement nucléaire et de continuer à réduire considérablement leurs armes nucléaires de manière vérifiable, irréversible et juridiquement contraignante. Cela contribuera à créer les conditions nécessaires à la réalisation du désarmement nucléaire général et complet. C'est donc une bonne chose que les États-Unis et la Russie mènent des consultations sur le contrôle des armements. Nous espérons que ces consultations enverront des signaux positifs au monde extérieur.

Pour ce qui est de savoir si la Chine participera à des négociations similaires, nous avons clairement énoncé à maintes reprises notre position. À l'heure actuelle, nous ne voyons aucune condition ni base permettant à la Chine de participer aux négociations entre les États-Unis et la Russie. La Russie a également fait des déclarations publiques à ce sujet. Elle comprend parfaitement la position de la Chine sur la prétendue négociation de désarmement trilatérale Chine-États-Unis-Russie.

Q : Le 15 juillet, les Ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne (UE) ont tenu une réunion à Bruxelles. Le maintien du Plan d'action global commun (PAGC) a été un sujet majeur de la réunion. Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré lors d'une conférence de presse que le PAGC était toujours en vigueur et qu'il n'y avait pas d'alternative pour le moment. L'UE continuera de défendre et de mettre en œuvre l'accord et invitera l'Iran à reprendre la mise en œuvre complète du PAGC. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : La réunion des Ministres des Affaires étrangères de l'UE qui s'est tenue hier a envoyé un message clair en faveur de maintien et de mise en œuvre du PAGC. Comme je l'ai souligné hier, le PAGC est irremplaçable. La mise en œuvre complète et efficace de l'accord est le seul moyen efficace d'atténuer les tensions et de résoudre la question du nucléaire iranien. La question de la mise en œuvre de l'accord par l'Iran doit être résolue par le biais du mécanisme de la Commission conjointe du PAGC. Parallèlement, assurer l'équilibre des droits et des obligations dans le cadre du PAGC revêt une importance vitale pour le maintien de l'accord.

En tant que cause fondamentale de la tension actuelle, les États-Unis doivent faire face aux préoccupations de la plupart des membres de la communauté internationale, cesser d'imposer une « pression extrême » à l'Iran, s'abstenir d'entraver la mise en œuvre de l'accord et créer les conditions favorables au règlement politique et diplomatique de la question du nucléaire iranien.

Q : Le Premier ministre malaisien a déclaré hier que son pays avait saisi des fonds de la China Petroleum Pipeline Engineering Corporation. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet?

R : D'après ce que je sais, le projet en question a été réalisé sur la base des contrats signés par les deux parties, des lois applicables et des pratiques internationales. Je dois souligner que la Chine et la Malaisie maintiennent une coopération amicale de longue date et que la coopération économique et commerciale entre les deux pays poursuit une bonne dynamique de développement. Les problèmes survenus au cours de la coopération doivent être correctement résolus par le biais de consultations amicales des deux parties.

Q : L'UE a renouvelé les sanctions imposées à la RPDC en réponse aux programmes nucléaire et de missiles balistiques du pays. Les sanctions comprennent l'interdiction de voyager et le gel des avoirs pour 57 individus et 9 entités. Dans une déclaration, l'UE a déclaré que les entités et les individus ciblés contribuaient aux programmes de la RPDC liés au développement d'armes nucléaires, aux missiles balistiques et aux autres armes de destruction massive. Comment ces mesures affecteront-elles la situation actuelle dans la péninsule coréenne?

R : Je pense que vous avez tous remarqué la détente récente des tensions dans la péninsule coréenne. La question de la péninsule augure à nouveau d'une perspective brillante de règlement par le dialogue. Nous espérons que toutes les parties concernées pourront chérir cette opportunité importante et œuvrer au maintien et à la consolidation de la dynamique positive, afin de faire avancer constamment le processus de dénucléarisation et de règlement politique. Nous espérons que toutes les parties peuvent travailler à cette fin, et non faire l'inverse.

Q : Le chef du Southern Command des États-Unis, Craig Faller, a déclaré qu'en tant que principal créancier du Venezuela, la Chine avait endetté le peuple vénézuélien. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Depuis un certain temps, des responsables américains critiquent la coopération de la Chine avec le Venezuela et l'Amérique latine, mais leurs propos criblés d'erreurs ne tiennent pas.

Comme vous le savez tous, à la lumière du concept de respect mutuel, d'égalité et de coopération gagnant-gagnant, la coopération de la Chine avec le Venezuela et l'Amérique latine a mis l'accent sur le développement commun, apporté des avantages tangibles à nos peuples et contribué au développement socio-économique local. Elle est ainsi bien accueillie par le peuple du Venezuela et de l'Amérique latine. Les accusations sans fondement des États-Unis ne peuvent qu'être considérées comme étant un sentiment d'amertume. Elles sont conçues pour préparer l'opinion publique à leur « nouvelle doctrine Monroe ». Si les États-Unis s'intéressaient réellement au développement de l'Amérique latine, ils devraient prendre des mesures concrètes pour aider les pays d'Amérique latine à développer leur économie et à améliorer le bien-être de leur population.

Les relations entre la Chine et l'Amérique latine sont égales, mutuellement bénéfiques, novatrices et ouvertes. Elles ne sont pas exclusives. La Chine adopte une attitude positive à l'égard de la coopération avec les différentes parties, dont les États-Unis, en Amérique latine. Nous espérons que les États-Unis auront la même ouverture d'esprit que la Chine.

Q : Selon des reportages, lors de sa récente visite en Chine, la Première ministre bangladaise a exprimé sa volonté de participer à l'initiative « la Ceinture et la Route » et de promouvoir la construction du corridor économique Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar (BCIM). Avez-vous plus d'informations à nous communiquer ?

R : La Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a effectué une visite officielle en Chine du 3 au 5 juillet. Il s'agit de sa première visite officielle dans notre pays depuis sa réélection. Elle a eu des réunions et des entretiens avec le Président Xi Jinping, le Premier ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l'APN, Li Zhanshu. La visite a été couronnée de succès. Les deux parties ont signé des accords de coopération bilatéraux et publié une déclaration commune. Vous trouverez plus de détails dans nos communiqués de presse.

En réponse à votre question, voici quelque chose de plus que je peux partager avec vous. Au cours de sa rencontre et de son entretien avec le Président Xi et le Premier ministre Li, la Première ministre Hasina s'est explicitement déclarée prête à participer à la construction conjointe de « la Ceinture et la Route ». Les dirigeants des deux pays ont convenu de travailler avec l'Inde et le Myanmar pour accélérer la construction du corridor économique BCIM.

Les deux parties estiment que l'initiative « la Ceinture et la Route » fournit un modèle de coopération internationale pour tous les participants, mais apporte également une nouvelle opportunité pour les interconnexions et l'intégration économique de la région. La Chine est prête à mieux articuler l'initiative « la Ceinture et la Route » avec les stratégies de développement du Bangladesh, afin de promouvoir un développement commun, de faire avancer la coopération gagnant-gagnant dans divers domaines et de mieux profiter de leurs atouts respectifs.

La Chine et le Bangladesh sont des voisins qui entretiennent une amitié traditionnelle. Actuellement, nous sommes tous deux à des étapes critiques de notre développement. Cimenter et faire progresser notre partenariat stratégique correspond non seulement aux intérêts communs de nos deux pays et de nos deux peuples, mais contribue également à la prospérité et à la stabilité de l'Asie, ainsi qu'à l'ouverture et à la coopération du monde.

Q : Une question concernant la saisie de fonds chinois par la Malaisie. La partie chinoise a-t-elle été notifiée à l'avance ? La partie chinoise prendra-t-elle des mesures ?

R : Comme je viens de le dire, ce projet a été réalisé sur la base des contrats signés par les deux parties, des lois applicables et des pratiques internationales.

Les problèmes survenus au cours de la coopération doivent être correctement résolus par le biais de consultations amicales entre les deux parties. Je dois souligner que la Chine et la Malaisie maintiennent une coopération amicale de longue date et que la coopération économique et commerciale entre les deux pays poursuit une bonne dynamique de développement. Nous sommes convaincus que nous continuerons à approfondir notre coopération dans divers domaines et à apporter des avantages à nos deux peuples.

Q : Lundi soir, le Conseil européen a suspendu le dialogue de haut niveau avec la Turquie du fait du conflit suscité par son exploitation de ressources dans la zone économique exclusive de Chypre. Le Ministre turc des Affaires étrangères a déclaré que cette décision n'affectera pas la détermination de la Turquie à poursuivre ses activités dans l'est de la Méditerranée. La Turquie a déclaré à maintes reprises que le pays avait le droit de mener des forages dans ces eaux, mais Chypre considère cela comme une provocation. La Chine craint-elle que cette situation ne conduise à des conflits plus graves dans la région?

R : La Chine suit de près l'évolution de la situation dans l'est de la Méditerranée. La Chine entretient une coopération amicale avec Chypre et la Turquie. Nous appelons les parties concernées à faire preuve de retenue et à résoudre leurs différends par le dialogue et la consultation afin d'éviter toute nouvelle escalade.

Q : Le Brésil a déclaré lundi qu'il n'avait pas l'intention d'interdire à Huawei de participer à son réseau 5G. Pensez-vous que c'est une victoire pour Huawei ? Quelle est la réponse de la Chine à cela ?

R : Est-ce une victoire ? Je pense que vous devriez demander à Huawei de s'exprimer.

En tant que Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, je peux vous dire que nous encourageons toujours les entreprises chinoises, dont Huawei, à développer la coopération économique et commerciale avec les pays étrangers conformément aux règles internationales et aux principes du marché. Nous leur demandons également de respecter les lois et règlements locaux dans ce processus. Parallèlement, nous appelons les pays concernés à créer un environnement équitable, juste et non discriminatoire permettant aux entreprises chinoises de mener des activités et coopérations normales dans la zone considérée.

Je pense que la déclaration du Brésil envoie un signal très positif. Récemment, de plus en plus de pays ont déclaré qu'ils se félicitaient de la participation des entreprises chinoises de haute technologie à la construction de leur réseau 5G. Nous pensons que la plupart des membres de la communauté internationale peuvent décider de manière indépendante.

Q : Vous venez de répondre à une question à propos du corridor économique BCIM. La Chine reste-t-elle en communication avec les deux autres pays, à savoir l'Inde et le Myanmar, sur cette question?

R : Vous semblez être très intéressé par le corridor économique BCIM. La Chine reste toujours en communication et en coordination avec l'Inde, le Bangladesh et le Myanmar pour la construction de ce corridor. Nous pensons que le développement accéléré de ce corridor économique correspond aux intérêts des pays concernés et aux intérêts communs de tous les pays de la sous-région.

Recommander à:   
Imprimer