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Conférence de presse du 26 juin 2008
2008/06/26

Le 26 juin 2008, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao a tenu une conférence de presse et répondu aux questions des journalistes sur, entre autres, la participation accrue de la Chine aux opérations de maintien de la paix au Darfour du Soudan, la situation au Zimbabwe et les pourparlers à six.

Liu Jianchao : Bonjour tout le monde.

Je commence par vous donner des informations sur la participation accrue de la Chine aux opérations de maintien de la paix au Darfour du Soudan. Sur la demande de l'ONU et de son Secrétaire général Ban Ki-moon, la Chine a décidé de participer davantage à l'« opération hybride » mise en œuvre par l'ONU et l'Union africaine dans la région du Darfour au Soudan.

Les renforts pour le détachement de génie envoyé par la Chine dans la région du Darfour sont maintenant prêts pour le départ. Selon les actuels arrangements onusiens pour l'acheminement des matériels et des équipements, la partie chinoise achèvera le déploiement des renforts vers mi-juillet. Elle accepte par ailleurs de transférer, temporairement dans la région du Darfour, une partie des militaires et des équipements du détachement de génie qu'elle avait déployé au sein de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) au sud du Soudan, afin d'aider le détachement de génie chinois au Darfour dans la construction de camps et de routes. Pour régler le problème de la pénurie des sources en eau, qui se pose à la mise en œuvre de l'« opération hybride », la Chine entend envoyer au Darfour plus de techniciens et d'équipements pour le forage de puits.

Vous savez tous que la Chine suit toujours de très près la situation au Darfour et se prononce favorable à la stratégie de « double approche », afin de promouvoir, de manière équilibrée, le processus de la mise en œuvre des opérations de maintien de la paix et celui des négociations politiques, et de trouver une solution politique au problème du Darfour. Nous sommes prêts à joindre nos efforts à ceux de la communauté internationale pour continuer à apporter notre part de contribution à la réalisation, le plus tôt possible, de la paix, de la stabilité et du développement dans la région du Darfour.

Maintenant, je vous annonce trois nouvelles :

Sur l'invitation du Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Wen Jiabao, le Premier Ministre du Royaume de Thaïlande Samak Sundaravej effectuera une visite officielle en Chine du 30 juin au 3 juillet.

La Thaïlande, bon voisin de la Chine, est reliée avec celle-ci par une amitié qui remonte loin dans l'histoire et qui s'enracine dans l'esprit des deux peuples. Depuis ces dernières années, grâce aux efforts conjoints de part et d'autre, la coopération stratégique sino-thaïlandaise a gagné en profondeur sur tous les plans. Pendant sa visite en Chine, le Premier Ministre Samak Sundaravej rencontrera le Président Hu Jintao et s'entretiendra avec le Premier Ministre Wen Jiabao. Nous sommes convaincus que cette visite contribuera au développement ultérieur des relations sino-thaïlandaises.

Sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice sera en visite en Chine les 29 et 30 juin. Les parties chinoise et américaine échangeront leurs vues sur les dossiers internationaux et régionaux importants d'intérêt commun.

Sur l'invitation du Ministre Yang Jiechi, le Ministre des Affaires étrangères de Chypre Marcos Kyprianou viendra en visite en Chine du 29 juin au 1er juillet.

Tout à l'heure, à 17 heures, la partie chinoise aura une nouvelle importante à vous annoncer. Vous pouvez rentrer dans la Salle de Conférence de Presse vers 17 heures pour participer à cette conférence. Maintenant je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Vous venez de parler de la visite du Premier Ministre thaïlandais en Chine du 30 juin au 3 juillet. Or, nous savons que la situation actuelle en Thaïlande n'est pas stable. Pourquoi a-t-il choisi de se rendre en Chine en ce moment ?

R : En fait, la visite du Premier Ministre Samak Sundaravej aurait dû avoir lieu en mi-mai d'après l'accord entre les parties chinoise et thaïlandaise. Or vous savez tous que, le 12 mai, la région de Wenchuan au Sichuan a été frappée par un séisme violent et que depuis le gouvernement chinois a mobilisé toutes les forces pour lutter contre les effets du séisme. C'est pourquoi la visite du Premier Ministre thaïlandais en Chine a été reportée jusqu'à maintenant.

La Thaïlande est un bon voisin de la Chine et nous souhaitons de tout cœur qu'elle puisse connaître la stabilité nationale et l'harmonie sociale et réaliser la croissance soutenue de l'économie.

Q : Vous avez parlé de la visite de la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice en Chine. Se rendra-t-elle dans les régions sinistrées au Sichuan ? Où ira-t-elle précisément ?

R : La visite de la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice constitue un nouvel échange de visite de haut niveau entre la Chine et les Etats-Unis pour cette année. La visite a pour but de matérialiser davantage le consensus dégagé par les dirigeants des deux pays, d'intensifier le dialogue, la confiance mutuelle et la coopération et, en même temps, de traiter adéquatement les problèmes existant dans les relations bilatérales, afin d'assurer un développement continu, sain et régulier des relations de coopération constructive entre la Chine et les Etats-Unis. Au cours de cette visite, Madame Rice sera reçue par des dirigeants chinois et elle s'entretiendra avec le Chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi pour échanger des vues sur une série de questions. Nous estimons que le maintien d'un développement sain et régulier des relations sino-américaines correspond aux intérêts des deux pays et des deux peuples, et profite à la paix, à la stabilité et à la prospérité dans la région, voire dans le monde entier.

Quant au programme de la visite de Mme Rice en Chine, les parties chinoise et américaine sont toujours en concertation. Quand le programme sera déterminé, je vous le présenterai.

Q : Selon les médias de la République de Corée, un parlement local de la République de Corée a adopté récemment un projet de la loi décrétant le jour du 18 janvier comme « Journée de l'île I-Eo-Do ». Quel est le commentaire de la Chine là-dessus ?

R : Sur les questions touchant à la souveraineté, au territoire et aux droits et intérêts maritimes, la position de la Chine reste ferme. Nous procéderons à la vérification des informations sur les actions susmentionnées de la République de Corée.

Q : Selon des sources, le Vice-Président Xi Jinping se rendra en visite à Hong Kong en juillet. Votre ministère a-t-il des informations là-dessus à publier ?

R : Votre question porte sur les arrangements entre Hong Kong et la partie intérieure de Chine. Elle ne relève pas de la compétence du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères. Veuillez vous adresser auprès du Bureau des Affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des Affaires d'Etat pour avoir des informations concernées.

Q : Depuis cette semaine, la voix s'élève encore dans le monde pour critiquer le gouvernement zimbabwéen. Par rapport aux Etats-Unis et à d'autres pays, la Chine maintient de meilleures relations avec le Zimbabwe. Peut-elle prendre des initiatives pour aider à trouver une solution pacifique à la crise au Zimbabwe ?

R : Dernièrement, la situation au Zimbabwe a connu de nouveaux changements, auxquels la communauté internationale de même que la Chine ont porté une haute attention. En tant qu'ami du peuple zimbabwéen et pays ami du Zimbabwe, la Chine espère que les parties zimbabwéennes concernées pourront tenir compte des intérêts du pays et du peuple, garder le calme et faire preuve de retenue, persister dans la recherche de solutions aux problèmes par voie de dialogue et avec d'autres moyens pacifiques, afin d'accomplir le processus politique à l'intérieur du pays, de rétablir au plus tôt la stabilité et de réaliser le développement. Je pense que cela répond au mieux aux intérêts du peuple zimbabwéen.

Q : Ces derniers jours, nous avons pris note de la réouverture du Tibet aux touristes étrangers. Est-ce là un signe d'apaisement de la situation au Tibet ? Le mécanisme de dialogue entre le gouvernement central et les représentants du Dalaï Lama a-t-il été rétabli ? Avez-vous des nouvelles à annoncer prochainement ?

R : Concernant la réouverture de la Région autonome du Tibet aux touristes étrangers, le département concerné du gouvernement de la région autonome a déjà donné des informations. Tout le monde suit de près la situation au Tibet. Je voudrais souligner que la restauration de la stabilité au Tibet correspond aux intérêts du peuple chinois tout entier dont les compatriotes du Tibet, et répond aux attentes de la communauté internationale. Une autre chose sur laquelle j'aimerais attirer votre attention, c'est que la politique d'ouverture sur l'extérieure du Tibet n'a pas changé. Je trouve que, dans le contexte où la situation au Tibet s'apaise progressivement, la réouverture de la région aux touristes étrangers à un moment opportun est un progrès important et positif.

Vous vous intéressez à la question de savoir quand les journalistes pourront entrer au Tibet. Maintenant que le Tibet est réouvert aux touristes étrangers, les journalistes étrangers accrédités en Chine peuvent présenter des demandes d'entrée au Tibet au Bureau des Affaires extérieures local selon les procédures antérieurement fixées. Néanmoins, après ces actes de violence criminels, au Tibet, il existe encore probablement quelques facteurs incertains dans la situation locale. Nous vous demandons, par conséquent, de respecter les arrangements des institutions locales durant votre voyage de reportage au Tibet.

Sur les contacts et les négociations entre le gouvernement central et la partie du Dalaï Lama, je ne dispose pas encore d'informations.

Q : La nouvelle importante que vous annoncerez à 17 heures est-t-elle liée à la déclaration de la RPDC sur ses programmes nucléaires ? Pouvez-vous nous donner plus d'informations sur les forces de maintien de la paix envoyées par la Chine dans la région du Darfour ? Est-ce que la Chine a engagé des consultations avec les autres parties prenantes des opérations de maintien de la paix au Darfour, en particulier avec l'ONU et l'Union africaine ? Combien de personnes la Chine y enverra-t-elle ? Quels sont les principes de la participation des militaires chinois aux opérations ? Autrement dit, si les civils de la région du Darfour étaient attaqués, la force chinoise pourrait-elle intervenir ?

R : A 17 heures, la partie chinoise vous annoncera des nouvelles importantes. Je peux déjà vous confirmer qu'il s'agit des informations sur les pourparlers à six. Jusqu'à présent, je ne suis pas mandaté pour vous divulguer des informations plus précises. J'espère que vous reviendrez ici à 17 heures pour écouter la présentation de la partie chinoise.

Sur la participation accrue de la Chine aux opérations de maintien de la paix au Darfour, je voudrais souligner que les militaires que la Chine enverra au Darfour sont les renforts du détachement de génie déjà déployé sur place. Dans l'ensemble, le détachement de génie chinois au Darfour compte 315 personnes environ. Par ailleurs, nous transférerons, temporairement dans la région du Darfour, des sapeurs chinois pour le maintien de la paix campés au sud du Soudan pour participer aux actions concernées. Puisque c'est un détachement de génie, au lieu d'une force armée, ils ont pour mission principale de construire des camps et des routes, et de résoudre le problème de pénurie d'eau des troupes onusiennes et de l'UA, en procédant au forage des puits. Bref, tel est le travail principal du détachement de génie chinois dans la région.

Q : Selon certains reportages, le Comité international olympique a adressé une lettre à la parie chinoise, au sujet des propos tenus par le Secrétaire général du Comité du Parti communiste chinois pour la Région autonome du Tibet Zhang Qingli lors du relais de la flamme olympique au Tibet. Il a parlé du Dalaï Lama et de ses desseins séparatistes. La Chine a toujours critiqué ceux dans le monde qui cherchent à politiser les JO, or elle est maintenant montrée du doigt par le CIO. Quel est la réaction chinoise à ce sujet ?

R : Quelles préoccupations précises le CIO a-t-il exprimées à ce sujet ? Puisque je n'ai lu que ces reportages, je n'en dispose pas encore de détails.

Vous savez tous que le passage de la flamme olympique au Tibet s'est déroulé sans à-coups dans l'ensemble. Quant à votre question, la Chine s'oppose fermement à la politisation des JO, notamment à ce que certains profitent des JO pour s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine. Ces derniers temps, on a constaté une série de problèmes au tour des JO et des violences du 14 mars au Tibet. Si des officiels concernés ont exprimé leurs vues sur certaines questions, c'est pour œuvrer davantage au rétablissement de la stabilité dans la région du Tibet et à la création d'un environnement harmonieux et stable pour l'organisation des JO en Chine, au lieu de politiser les JO. On ne peut donc pas considérer l'expression de vues par ces officiels comme des actions de politisation des JO. C'est tout à fait différent de ceux qui utilisent les JO à des fins politiques.

Q : La partie chinoise est très attentive au problème de sécurité pendant les Jeux Olympiques. Cependant, la situation au Moyen-Orient reste instable. Et surtout, Israël pourrait lancer des attaques contre les installations nucléaires iraniennes. Est-ce que la partie chinoise estime que cela aura des impacts négatifs sur la sécurité des Jeux Olympiques de Beijing ?

R : Le travail lié à la sécurité des Jeux Olympiques (JO) est très important. Pour assurer le bon déroulement des JO de Beijing en toute sécurité, la partie chinoise a déployé des efforts inlassables et entrepris une coopération fort efficace avec la communauté internationale. Les mesures prises par la partie chinoise à cet égard ont bénéficié, dans leur ensemble, de la compréhension de la communauté internationale. En fait, ces mesures ont été prises pour assumer nos responsabilités envers le Comité international olympique (CIO), la grande famille olympique ainsi que les athlètes, les officiels sportifs et les journalistes et les spectateurs de tous les pays du monde qui viennent participer et assister aux JO. Nous continuerons à déployer d'énormes efforts dans ce domaine pour assurer le déroulement des JO de Beijing en toute sécurité.

En ce qui concerne le problème nucléaire iranien que vous avez évoqué, la partie chinoise estime toujours que ce problème doit être réglé par la voie de dialogue et de négociations et de manière pacifique. Toute tentative de recourir à la force est inconcevable.

Q : Nous avons reçu récemment des appels téléphoniques venant de musulmans chinois. Selon une dame, pour raison de sécurité, les services intéressés leur ont demandé de passer le contrôle de sécurité sans porter le voile. Est-ce que cela va à l'encontre des principes du respect de la croyance religieuse et de la préservation de l'harmonie nationale ?

R : Je voudrais m'étendre sur deux points : primo, la Chine doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des JO, et sur ce sujet, tous les pays ayant organisé les JO et les athlètes et entraîneurs de tous les pays venant participer à cet événement ont la même exigence, et ils souhaitent tous que les JO de Beijing puissent se dérouler en toute sécurité ; secundo, le gouvernement chinois et ses départements concernés respectent pleinement les mœurs et la tradition culturelle des différentes religions et ethnies, et il n'existe aucune discrimination ethnique, religieuse et raciale. Bien entendu, si des pays et des personnalités manifestent des préoccupations sur certaines mesures concrètes, ils peuvent avoir des contacts nécessaires avec le BOCOG, et je crois que cela ne pose pas de problème.

Nous souhaitons assurer la sécurité des JO tout en respectant la tradition et les mœurs ethniques et religieuses des différents pays. Nous souhaitons aussi que les efforts concernés puissent bénéficier de la compréhension de tous les pays du monde.

Q : Des officiels du Département d'Etat des Etats-Unis se sont plaints que le gouvernement chinois n'ait pas exercé un contrôle suffisant sur les compagnies chinoises qui ont vendu des armes à l'Iran au mépris de la résolution de l'ONU. Quels sont les commentaires de la partie chinoise là-dessus ?

R : Je crois que la partie américaine doit connaître la position ferme du gouvernement chinois sur la question de la non-prolifération. Le gouvernement chinois s'oppose fermement à la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs, et n'autorise aucune compagnie chinoise à se livrer à la prolifération. Nous pensons qu'il est utile que la Chine et les Etats-Unis multiplient les communications et mènent de franches discussions sur les questions concernées.

Q : Jusqu'à présent, combien de Chefs d'Etat ou de gouvernement ont-ils confirmé leur participation aux JO de Beijing ? A quel titre viendront-ils en Chine et comment la partie chinoise va les recevoir ?

R : Le BOCOG renforce sa coopération avec le CIO pour mieux se communiquer et se concerter sur les cas concernés. Je ne dispose pas d'informations concrètes à l'heure actuelle. Il m'est donc difficile de vous donner des chiffres précis. Avec l'avancement du travail, on aura plus de confirmation sur la participation des invités d'honneur à cet événement, et nous vous donnerons les informations concernées au fur et à mesure.

A notre connaissance, la communauté internationale, dans son ensemble, est très active pour participer aux JO de Beijing. Nous souhaitons la bienvenue aux officiels, athlètes, entraîneurs et spectateurs de tous les pays qui viennent participer à cet événement sportif mondial.

Si vous n'avez plus de questions, je lève la séance et nous nous retrouvons à 17 heures !



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